La croissance exponentielle des objets connectés n’est pas sans risque : quatre objets sur cinq présentent de potentielles failles de sécurité. Dans ce contexte, Enedis s’est pourtant lancé dans l’installation d’un compteur connecté dans 35 millions de foyer en France d’ici 2021. Comment la société entend-elle relever ce défi ? Comment assurer la protection de la vie privée de ses clients ?

Par Bernard Lassus, directeur du programme LINKY d’Enedis.

Révolution pour les uns, premier pas vers le transhumanisme pour d’autres, de la brosse à dent à la voiture, les objets connectés sont d’ores et déjà présents dans notre vie quotidienne. De 15 milliards aujourd’hui à bientôt 80 milliards en 2020 (l’institut d’études GFK prévoit 30 objets connectés par foyer en France la même année), ce développement ouvre de nouvelles perspectives au service de la transition énergétique, déjà observables dans le monde entier dans les projets micro grids, smart grids et de smart cities.

Avec de nouveaux objets connectés, associés à des moyens de télécommunication, le gestionnaire de réseaux dispose de nouvelles informations pour exploiter les réseaux publics de distribution avec un niveau de performance accru, en milieux rural comme urbain. En collaboration avec des start-up, Enedis expérimente, depuis plusieurs années, différentes solutions innovantes qui contribuent à la modernisation du réseau électrique.

C’est dans ce cadre que s’inscrit l’installation du compteur communicant Linky depuis décembre 2015, qui équipe aujourd’hui près de 5 millions de foyers en France (objectif 35 millions en 2021). Le nouveau compteur constitue une opportunité pour chacun d’améliorer la connaissance de sa consommation d’électricité et permet d’accompagner l’essor des énergies renouvelables, le développement de la mobilité électrique, tout en garantissant la sûreté du système électrique, une des priorités pour tous fournisseurs avec la protection des données des clients. Dans un contexte où les cyberattaques se multiplient et où selon le cabinet Gartner, 80 % des objets connectés présentent de potentielles failles de sécurité, la cybersécurité reste l’un des grands défis à relever pour l’Internet des Objets.

Un tel défi implique de mettre en place, dès la conception, des outils renforcés de sécurité pour chaque élément (compteur, concentrateur, SI) de ce type de matériel. Il faut également permettre, automatiquement et à distance, la mise à jour régulière et rapide des logiciels qui équipent les objets pour prévenir ou colmater les failles – la robustesse d’un système en matière de cybersécurité dépend fortement de sa capacité à s’adapter. L’objet connecté doit être, en outre, soumis régulièrement à des audits sécurité et tests d’intrusion par des prestataires indépendants agréés, afin d’évaluer le niveau de sécurité du système. En parallèle, tout est fait pour veiller au respect de la protection de la vie privée et des données qui appartiennent au client.

« Mieux vaut prévenir qu’être prévenu », cet adage semble poser les bases de la cyber-résilience. Il faut adopter un état d’esprit préventif et réactif. Cela nécessite que l’entreprise acquière une vision, une approche systémique et holistique de la sécurité, et mette en place des modes de fonctionnement permettant d’anticiper les risques et leurs conséquences potentielles, le tout dans un processus d’amélioration continu, en garantissant toujours la performance.

Par Bernard Lassus
Directeur du programme LINKY d’Enedis

Bernard Lassus participera à la table ronde :
« Les objets connectés : aides ou menaces ? »

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