Les réseaux ne sont pas uniquement de la technique ou de l’économie, ils relèvent aussi d’une vision de la société où solidarité et résilience prennent tout leur sens.  Les réseaux relient entre eux les territoires et les citoyens, et sont une alternative au mythe du « local ». Ils évitent aussi une fracture électrique entre les nantis et les démunis.

Par Michel Derdevet, Secrétaire général du directoire d’Enedis

Débattre des questions relatives à l’énergie se réduit le plus souvent à analyser les enjeux d’offre et de production. On aborde rarement les sujets liés à la maîtrise de la demande, à la nécessaire efficacité énergétique qui caractérise le XXIème siècle, alors qu’il est déjà indispensable d’accompagner les citoyens-consommateurs vers plus de sobriété énergétique, en leur fournissant de plus en plus de données intelligentes et intelligibles.

Ces débats ignorent presque systématiquement l’entre-deux : les réseaux. Pourtant, ce sont les réseaux qui relient entre eux les territoires et les citoyens, et constituent des vecteurs essentiels de solidarité et de résilience entre tous, loin du mythe facile du « local » comme horizon d’épanouissement infini …

En France, les « Saint-simoniens » furent les premiers à théoriser cette vision des réseaux comme axes de développement et de solidarité. Elle reste d’une ardente actualité. Car penser les échanges entre territoires, c’est éviter le repli sur soi, c’est échanger par-dessus son propre espace, à travers ses différences et ses complémentarités.

Ainsi, les réseaux de distribution de basse et moyenne tensions, sont devenus ces dernières années de formidables vecteurs de collecte, accueillant 95% de la production renouvelable à travers plus de 350 000 sites répartis dans tous nos départements. Ils constitueront demain les plateformes où se matérialisera la convergence entre la transition énergétique et la révolution numérique.

La France a su bâtir au lendemain de la Seconde guerre mondiale, une organisation du service public de distribution de l’électricité originale, où les collectivités sont propriétaires des réseaux, dont elles délèguent pour l’essentiel l’exploitation à un opérateur national – EDF, puis ERDF et aujourd’hui Enedis – garant de la cohésion territoriale et de l’égalité de traitement de tous les consommateurs. Ce modèle a permis de mutualiser les productions et d’optimiser les coûts, avec aujourd’hui un tarif d’acheminement péréqué, unique en Europe, garantissant un traitement équitable et homogène entre les territoires, qu’ils soient urbains ou ruraux, évitant ainsi une « fracture » électrique entre les mieux dotés et les plus démunis.

L’émergence des métropoles, qui font la fierté de notre pays, nécessite de faire le lien avec les territoires « périphériques ». Cela passe à l’évidence par les réseaux, dont les règles économiques et de fonctionnement doivent garantir une approche solidaire. À travers la digitalisation et l’essor des smart grids, les gestionnaires de réseaux deviendront, demain, des gestionnaires de systèmes énergétiques locaux, partenaires des collectivités.

 

Par Michel Derdevet

Secrétaire général du directoire d’Enedis

Maître de conférences à l’IEP de Paris et professeur au Collège d’Europe de Bruges

Michel Derdevet participera à la table ronde :
« Sécurité et résilience, sésame de demain ? »

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