TPE et PME françaises sont encore très frileuses quand il s’agit de passer le cap digital. La France ne pointe qu’à la 16e place en Europe selon la Commission européenne. L’accompagnement de l’ANSSI, les collaborations entre grands groupes et petites entreprises, et une véritable culture de la sécurité pourraient changer la donne.

Par Guy Mamou-Mani, Co-Président d’Open et vice-président du Conseil national du numérique. 

Alarme ! Les PME françaises sont en péril aussi longtemps qu’elles ne se convertissent pas au digital, souligne le Conseil National du Numérique. Adapter leurs canaux de distribution aux nouveaux modes de consommation (7 Français sur 10 consomment et paient en ligne) est vital. Pourtant, une PME sur huit seulement vend sur internet et un tiers d’entre elles n’a pas franchi le « cap digital » (2 PME sur 3 ont leur site contre 3 sur 4 en moyenne dans l’Union Européenne), ce qui classe nos TPE et PME à la 16ème place en Europe selon la Commission européenne.

On ne progressera pas tant que l’on n’offrira pas aux TPE et PME les garanties pour se lancer dans cette aventure, d’autant plus risquée à leurs yeux qu’ils en ignorent les codes et qu’ils se sentent bien seuls « face à la cybercriminalité industrielle ». Si une PME pense qu’on peut lui voler indûment ses données stratégiques, elle préfère rester en marge de la digitalisation. Toutes les entreprises sont d’ailleurs exposées, pas seulement celles dites stratégiques ou celles liées à l’énergie ou aux télécommunications.

Point positif : les collaborations se multiplient entre grands groupes et petites entreprises. Les PME concernées par ces coopérations créatrices de valeur doivent se conformer aux politiques de sécurité de leurs grands donneurs d’ordre si elles veulent faire affaire. Ces collaborations jouent un rôle très stimulant car la réduction des risques résulte d’une prise de conscience personnelle préalable et s’accroît avec la diffusion d’une véritable « culture de la sécurité ».

Elle passe aussi par la conviction, fruit d’une éducation IT bien faite, que la confiance numérique est un pré requis. Sans cela, les TPE et PME, trop prisonnières du quotidien, ne développeront pas les nouveaux usages portés par la transformation digitale. Ainsi toutes doivent impérativement organiser leur protection comme les y incite cet acteur majeur qu’est l’ANSSI, dont le travail se trouverait grandement facilité si, en amont, les acteurs de l’entreprise se sentaient plus responsables.

Par Guy Mamou-Mani

Co-Président du groupe Open

Vice-Président du Conseil national du numérique, Guy Mamou-Mani a présidé pendant six ans Syntec Numérique, la chambre professionnelle des métiers du numérique.

Guy Mamou-Mani participera à la table ronde :
« Face aux cyberattaques industrielles, les PME sont-elles laissées pour compte ? »

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